Quel beau tableau !
Comme il est joli !
Je me détourne et je veux mourir cent fois. Je leur crache à la figure, je vais me réfugier au fond de mon atelier .
Là entre mes quatre murs pourris, j 'enterre ma rage d'avoir jeté des perles aux pourceaux.
Ne suis-je qu ' une arrogante ? Oui !
J 'ai des haines et des amitiés, des opinions et leurs contraires
Je ne suis ni bonne, ni belle, je suis pleine de beautés et d'horreurs.
J 'ai l ' instinct du tueur pour me garder en vie. Seulement quand tout s'évacue dans le long cheminement de mes cinq mètres de boyaux, sur ma toile, à ce moment seulement, quand les excréments de l 'âme sont étalés,
l 'œuvre picturale est là et bien là. Ni belle, ni sale , ni laide, incontestable, flagrante.
Le grand public sait bien que deux excrétions ne se ressemblent pas, il sait aussi que décorer c'est ressasser et ressasser n 'est pas Art .
Il vous voit avancer toute nue.