
Je ne peux expliquer ma « conversion » a l'Art en Berbérie que dans cet attachement naturel indestructible à ma terre de naissance ,l 'Algérie,aux villes d' Oran et de Mostaganem par ou je suis passée de l 'enfance à l 'adolescence puis à l 'étape de jeune femme. Avec les années une autre moi même transformait ces joyaux nés sur ces rives en une captive heureuse ,unie, bénie , éperdument liée à ces deux souveraines de ma vie algérienne.
Références et images m'ont été enseignés mais je sentais un autre parfum , un je ne sais quoi impalpable,qui me donnait le sens du contenu invisible de la mère patrie agenouillée entre deux rives de la Méditerranée . L 'enfant revêtait la vorace et majestueuse charge de la société à la quelle elle appartenait sans même s'en rendre compte. Intinéraire stylisé ou se sont entassées les images imposées par un environnement classiquement orienté , selon lui dans le sens de la flèche des nordiques et des sans -soucis.J'étais un produit destiné à faire son entrée sur la scène coloniale dont j 'avais épousé les vertus et ignoré les vices .
Le vingt et unième siècle me voit dans mon essence :j 'étais la fille de ma mère de ma famille de ma culture , et j 'en mourais sur mes toiles.
Mon origine géographique jaillissant comme un geyser, mes liens essentiels ,avec ma terre de naissance rendaient fécondes mes heures de méditation sur l 'art et le concept de l 'art.
je reprenais vie dans un domaine ou je plongeais en larmes, avec ivresse et reconnaissance , car dans le même temps je devenais le peintre du futur de l 'Algérie indépendante .Je me reconnaissais dans ces jeunes peintres algériens du nord , du sud, dans le désordre des temps et des lieux.,