Ma révolte latente,
un étendard de rare justesse de vue :
ne pas se tromper , ne pas oublier .
Ce ne sont pas les Arabes en guerre
qui nous ont chassé de chez nous.
S'ils l 'avaient voulu ,
ils nous auraient massacré tous , à dix contre un.
Mais nous vivions ensemble,
il est vrai pour les uns mieux que pour les autres.
Ce sont les bons français , bien pensants ,
bien catholiques, bien obéissants
aux ordres du général haineux,
qui ont voté notre exclusion .
Ce sont les courageux C.R.S qui ont tiré sur nos
fenêtres , ce sont les porteurs de valises ,
les porteurs de trahison, bien français de souche,
les « cocos » de l ' intelligentsia métropolitaine,
les yeux bleus , le teint clair qui ont été décorés .
Et nous , pauvres de nous,pieds-noirs,
harkis, tous confondus ,
les parias du colonialisme,
de part et d' autre de la Méditerranée ,
nous sommes toujours entre deux rives,
les murs qui nous protègent sont invisibles à nos yeux
.Je ne parle pas systématiquement de l 'échec de
la décolonisation,
l ' histoire à long terme le saura.
Mais je me garderai d' insulter la mémoire de mes ancêtres ,
flétrir leur souvenir.
Et je ne ressasse pas Algérie française.
Mes pères n 'étaient pas des massacreurs .
La porte de ma maison est grande ouverte,
un essai de provocation mérite la visite
du monde des charretiers de la honte .
Je ne vois dans le discours et
dans le regard de Mr Sarkozy ni haine
ni condamnation des pieds-noirs ,
ça c 'est une première .
ma satisfaction personnelle, sans façons:
je me sens plus proche
de Fadela, Rachida, Ramada,
les bobonnes, Boutin, Bachelot
et autres du même style
peuvent aller prendre des leçons
de rattrapage pour récupérer mon attention.
Je les débarque.