Luce Caggini :une Chrétienne née sur la terre arabe.

je rentre à la maison,Marguerite Taos Amrouche

 

Marguerite  Taos  Amrouche

femme  de lettres ,  algérienne   francophone .

Je ne peux expliquer ma « conversion » a l'Art en Berbérie que dans cet attachement naturel indestructible à ma terre de naissance ,l 'Algérie,aux villes d' Oran et de Mostaganem par ou je suis passée de l 'enfance à l 'adolescence puis à l 'étape de très jeune femme. Avec les années une autre moi même transformait ces joyaux nés sur ces rives en une captive heureuse ,unie, bénie , éperdument liée à ces deux souveraines de ma vie algérienne.



les références et les images m'ont été enseignés mais je sentais un autre parfum , un je ne sais quoi impalpable,qui me chuchotait le sens du contenu invisible de la mère patrie agenouillée entre deux rives de la Méditerranée . La petite que j 'étais se laissait emmailloter par cette société comme une image appartient à son miroir pour le temps d'un regard, sans soupçonner sa dépendance à cette condition dorée .

 Itinéraire stylisé où s'affichaient des schémas imposés par une société vorace , ambitieuse , acharnée à la réussite, héritière d' un esprit bâtisseur , triomphante , bon enfant aussi.

J'étais un produit destiné à faire son entrée sur la scène coloniale dont les vices et les vertus. avaient été masqués par une éclatante douceur de vivre .

Vint le vingt et unième siècle dans la plénitude de la vie d' une centenaire munie de tous les passeports de la Méditerranée ,c'était moi la même complètement détruite et reconstruite, passée d' une Algérie dévorante à une Algérie renaissante ,qui m 'accueillait bras grand-ouverts .

J 'étais la fille de ma mère, de ma famille,de ma culture , et j 'en mourais sur mes toiles. Mon origine géographique jaillissant comme un geyser, mes liens essentiels avec ma terre de naissance l 'Algérie rendaient fécondes mes heures de méditation sur l 'art et le concept del 'art.

Je reprenais vie dans un domaine où je plongeais en larmes, avec ivresse et reconnaissance , car dans le même temps je devenais le peintre du futur de l 'Algérie indépendante .Je me reconnaissais dans ces jeunes peintres algériens du nord , du sud, dans le désordre des temps et des lieux., Tout ce que j 'avais subodoré du temps de ma jeunesse,les poètes, les conteurs, les chants des montagnes,dans la vallée du Chéliff, le chants de Marguerite Taos Amrouche que j 'ai eu l 'occasion de rencontrer chez elle à Paris bd des Batignoles , je les rejoins comme si je rentrais à la maison.







Article ajouté le 2008-02-19 , consulté 125 fois

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