"Les Billets fous de Luce Caggini"

2014


Ainsi donc, Luce Caggini, vous lisez le « Naissance » de notre Yann Moix, Renaudotisé à l’automne, en plusieurs fois ?

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi donc, Luce Caggini, vous lisez le « Naissance » de notre Yann Moix, Renaudotisé à l’automne, en plusieurs fois ?

 

 

Ainsi donc, Luce Caggini, vous lisez le « Naissance » de notre Yann Moix, Renaudotisé à l’automne, en plusieurs fois ?
 
 
 
 
 

Même Proust aurait peut-être été mené entre deux théories manichéennes :  imaginer le jeu des éléments du mariage de deux consanguins juifs ;  non seulement un juif aurait été mort de rire mais il aurait été immunisé à jamais du musical jeu de mots : naître, vagir et nager dans le ventre de sa mère, c’est adoniser et le malheur et le malheureux dans le même temps !

Mener une enquête par mail c’est comme mettre un avis de passage dans la boite aux lettres de Yann Moix, alors je me demande si ma visite à Reflets du Temps en sera récompensée par Madame Renaudot.

 

Expliquez, s’il vous plaît, et le besoin, et la procédure, et les objectifs :

1 – Lire en plusieurs fois, comment vous est venue l’idée ?

J’ouvre plusieurs livres à la fois ainsi je nourris mes besoins différents d’un moment à l’autre. En ce qui concerne Naissance je me suis dit que ma curiosité serait vite rassasiée si naître prenait mille trois cents pages

 

2 – Quand avez-vous senti ce besoin ?

Ma croix a été vite dotée de trois milles autres raisons, je n’en donnerai que deux : la première est que je suis comme Moix réduite à me demander si je suis juive ou arabe ou les deux à la fois, la deuxième est que je serai bientôt Renaudotisée et pendant ce temps je serai obligée d’être moins tendre avec moi-même et mes habitudes de miraculée de la vie.

 

3 – Quand le lisez-vous ? Quand ça vous chante, ou avec une ritualité d’horloge ? Si c’est le cas, Naissance est-il un livre du matin ? Du soir, de pluie ou de soleil ?

Dans le métro j’aime regarder les gens, tous ont une histoire sur leur visage que je prends la liberté de lire.

 

 

4 – Où se passe ce moment ? Dehors ? Dedans ? Où, dedans ? Couette ? (dessus ? Dessous ?)

Je lis Naissance dans mon lit, calée entre une montagne de coussins dès que le jour tombe. Je ne sais pas lire au soleil, je ne sais pas lire dans un jardin public, je ne sais pas lire dans une salle d’attente, il me faut une solitude d’enfer, je suis une possessive, ne permets pas à une mouche de passer sinon je deviens une terroriste.

 

 5 – En silence ? Même dans le métro ?

-        Acceptez-vous du monde chez vous, quand vous lisez ce Renaudot, ou exigence d’être seule en tête à tête avec le bonhomme ?

Naissance ne permet pas de le lire par effraction. C’est un ouvrage exponentiel, au fur et à mesure de la lecture il s’enrichit de lui-même surbooké par une avalanche de montagnes en feu.

Moix le torturé séduit avec ses milliards de molécules souffrantes en leur donnant à chacune un nom.

 

6 – Des tranches de tant de pages ? Ou lisez-vous jusqu’à – mais jusqu’à quoi, justement ?

Après une centaine de pages je me rafraîchis le visage avec Correspondance à trois de Rilke, ou un Nothomb.

 

7 – Que vous apporte ce procédé ? Qu’imaginez-vous qu’il vous donne de plus qu’une lecture cursive ?

Vous arrive-t-il de « sauter » des bouts de Moix ? Ou d’en relire ?

lire Naissance la bouche close en plusieurs étapes juste pour ne pas manquer d’oxygène et arriver au sommet en état de prendre le petit café du matin.

 

 8 Un goût de Moix peu ordinaire, le vôtre, pas la recension de tel ou telle ; dites-nous, qu’on mesure !

J’ai parlé à Yann Moix au cours d’un séminaire au Saint-Germain-des-Prés, il demande qui vient pour la première fois et lui souhaite la bienvenue. Je n’ai pas rencontré un personnage mais un homme ; il ne distribue pas de gage à la petite semaine, aime la contradiction, drôle, d’une densité inadaptée à son physique, Moix est un homme moyen de taille.

Sa présence est perceptible à la lecture de Naissance, d’ailleurs il a besoin du lecteur pour s’extirper du ventre maternel car il en sort à mains nues, ce qui donne au lecteur une certaine liberté. Naissance est pullulement, une constante efflorescence, un bouillon de culture, une giclée de sperme et de particules sanglantes qui vous sautent à la gueule à jets continus…

Je pense à l’effroi du traducteur !

Naissance c’est un vrombissement, c’est un lâcher de milliers d’oiseaux animés de fiel et de coups de bec dont Moix renaît sans cesse purifié par le sang du Christ, car la ligne directrice en filigrane de l’homme Moix est la mortmétaphysique, oui ! Moix est un intermittent de la vie qui a transité par la souffrance.

 

  9 – ah, j’oubliais !! une de vos toiles à proposer en couverture du livre ! Laquelle ?

Mon choix s’est porté sur cette Maternité – « Naissance de mon Algérie en 3000 ans de souffrances », Luce Caggini

 

Questions indiscrètes de Martine L Petauton / RDT

 

 

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Dans Naissance maternité est un cadavre par défaut, à mon avis c’est une mère porteuse mal rétribuée qui a mis au monde Moax le Maure.

Ah ! ne pas prononcer en permanence le nom de Yann Moax les zygomatiques en prennent un coup,

  • Lu: 265

16/05/2014
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Soleil délivre moi pendat que j'embrasse la mer

http://www.refletsdutemps.fr/index.php/thematiques/actualite/ecrits/item/billet-fou-soleil-delivre-moi-pendant-que-j-embrasse-la-mer


14/12/2014
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"Véritatis Splendor "

 

 

 

 

 

« Véritatis Splendor »

« Vous n'êtes pas plus surs qu ' un tison ardent sur la glace » F.Nietzsche

 

 

 

Délivrée de ses rites,

bouleversée

Reconduite, remodelée

par le signe transparent

le plus puissant qui

puisse parvenir jusque

Sur la terre,

« l ‘Amitié du Ciel » ©LC

 

 

 

.

Même des centaines d'ordinateurs ne sauraient contenir mes frénésies ondoyantes retraçant mes orageuses nombreuses mers animées de montagnes nouées de ramifications amoureuses inondées dans des mondes manichéens sans que je puisse marginaliser mes passions .

« La vérité est dure » .

 

Sale  histoire de rêves qui partent en fumées à Long Island .

Faire  disparaître une ombre après une autre, ça ressemble à un programme  de destruction bien ciblé.

Raser  les vestiges d'un passé habité c'est un emploi à

plein temps .

Cette  demeure appartenait au film de Gatsby. J ‘ai rêvé grâce à lui , j ‘en ai eu plein les yeux .

Je  n’ai pas le sens du pèlerinage, je n ‘ai pas en moi, ce  temps  de pèlerinage.

Voir est un bonheur , savoir  est aussi un bonheur éblouissant .

Un souvenir ressuscité vaut mieux que l objet qui le matérialise .

Une maison éventrée est un provocation ,un  serrement du coeur .

Je sais Long Island, je connais Long Island et cette demeure mythique que je ne ai jamais vue, seulement  inaccessible à ceux qui ne savent pas que la mémoire de la vérité c'est la magie du rêve. Mais un envers c'est comme un marin dans une mer sans sel ! Long Island a vécu des heures qui  me sont étrangères, mes propres vécues .

Fallait -il le faire en douce sans exhiber la brutalité d’ un pragmatisme  exterminateur !

Reste  la pellicule de ces murs, et la petite chanson -il ne faut  pas briser un  rêve qui devient l ‘oeil qui statufie l ‘ homme d’affaires à son seul pouvoir d’exister en  comptabilité .

Madame Bovary , a -t-elle existé ? Oui et non, sporadiquement . Elle n’a jamais  déclenché le moindre rêve .

Daisy est arrogante elle n’a que le charme du rêve de Gatsby.

L’éclatante blancheur de la naïveté ne lui sied pas .

Le champagne est ailleurs dans les murs de cette fastueuse demeure.

Mais cela nous appartient en propre .

  Voir est un bonheur , savoir  est aussi un bonheur éblouissant du mourir de désir de revivre .

Aujourd hui la nature est mugissante. Je la regarde

d' en haut. Je prends une centaine de photos de ces choses rugueuse , résistantes , monstrueuses aussi que je sais éternelles : les rochers .

La mer est en majesté , une monstrueuse majesté de chevaux blancs incrustés dans ma chair agitant tous ensemble leurs crinières régnantes réellement sur les gris des mers muettes .

 

C'est dans un état de dissolution perpétuelle que éraflée, sans abri , occupée à dessiner des croix nomades sur des murs de carton , en plongée , en élévation, je résiste entre deux rochers abruptes et .. Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart.

 

Mozart ? Quoi ?Mozart ?

Distance ... magnitude mille ... le ciel et la terre en Un ...

Jabot de dentelles et velours sanglant

« Le temps est mon art ..-

Antoni, peut -t-on remonter l ‘art du temps ?

Oui en restant joyeuse et charnelle

Pari de bonheur sans comparaison avec ce qui a été connu, vécu ,initiation à la lettre des arts de cette sacrée muraille de Chine que tu as traversée .

-J’ai mis la main dans le ventre de l’amphore ,il n y a ni haut ni bas,ni côté droit ni côté gauche. J‘épouse ses formes, je choisis mon espace comme une petite graine en liberté,à tout jamais transformée ».

 

Mon père , mon amour de père a été égal à un grand soleil , mon fils , ma mère dont les murs célestes burinés de souffrances et joies sont ma source de vie, naguère vous étiez mes êtres les plus chers , aujourd hui un immense drap de deuil me cache la terre et me voile les yeux pareil à un orage noir .

--Ma fille a toujours eu besoin d’ un para tonnerre avec elle mais l ' orage a été nourrissant pour être une grande artiste , même si la douleur est grande,

 

L'envers de la vérité c'est comme le mental qui perd le pouvoir dans cette aventure universelle de la vie marginalisée à magnitude mille sanglante venue à terme, après , pareille à un combat entre bêtes féroces .

 

Ma vie comme un oiseau marié à un ouragan , un oiseau qui aurait besoin d'être bercé par une vague .

 

Sous ton aile

Qui es-tu ?

Dieu qui es- tu ?

- En dedans , en dehors , tout autour .. Roue ..

Je joins la mutation des ondes des musiques, tu auras vu mon amour pour éternité depuis toujours, je suis maître de l’ univers, je joins la marge et la vie de tout.

- Toi qui rendrais aveugle l’ organe de la vue tu illumines l’âme ...Maitre de l’ univers, joie et marge de vie et de mort tu as cheminé dans deux mondes et celui de la douleur et celui de la montagne du C hrist tel un coeur musical. .

 

Voir l 'envers des choses avec cette insistance , ce fut ma faiblesse contre cette obstination des hommes à « casser » le temps tous les 365 jours alors que le Temps ne se casse pas . La preuve : le temps tourne sur le Temps sans le dire et sans le montrer .

Mais rien ne permet de s ‘ empêcher de penser que nier le mur des heures c’est narguer le monde des arpenteurs de la terre uniquement par amour de la munificence de la mort .

Mais le temps prendra le temps de murmurer à chacun : béni soit le moment présent.

 

 

 

 

 

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C


17/11/2014
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Un seigneur nommé Massoud , chanté par Voce Ventu


29/07/2014
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Ajaccio .....Antpoinette Scala , une voix en soie et en couleurs

 

 

 

 

 


Ajaccio ….Antoinette Scala , une voix en soie et en couleurs .

Mariage miraculeux de la voix et un son d’ une clarté sombre …. Une lumière dans un petit coin de paradis pris dans la mer et dans la ruelle des Trois Marie in Corsica où je le suppose, les voix des anges sont nées .

Ce fut juste avant le diner . Nous sommes à « La Paillotte » chez Gérard , c’est notre ami. C’est notre cantine . Le choses se sont faites naturellement comme tout ce qui ne doit rien à aucun doute possible .

Dans ma conception de l’art il y a deux paramètres : être dégagé du poids de la technique et le reste …. qui unit jeux et forces des cieux et des Dieux de l’ Olympe .
Dans cet art de la voix et des chants d’ amour , on est rarement transporté dans un mariage réussi .
Gérard nous conduisit dans sa voiture et là nous avons été les auditeurs d’une performance vocale , une forme du génie méditerranéen , l’art d’ une performance corsée de maitrise et de feu . J étais sous le charme de la passion du renascimento du monde de la voix dite humaine .
Nini chantait, les portes des entrailles de l’île en majesté s‘ouvraient .
Antoinette Scala dite Nini que n’aurait pas renié une Elisabeth Schwarzkopf, nous bouleversait.
Une palpitation venue on ne sait d’où.
Avait -elle appris ?
Je ne crois pas .
Mais elle pouvait bénir les cieux de son timbre avec sa communion de contre -ut et de rares pianissimi .
« Amore bacciami » … « Domani,  »… « Stami viccinu »… Nous étions vraiment prés de quelque chose qui n’ avait pas de nom .

Mais Antoinette Scala est née dans la grotte du Mont Cinto avec les ailes et les ramifications des jeux des soufis et des sourates de la planète mariale en toute plénitude et en douceur comme un petit oiseau ajaccien dansant et sifflant «  Marinella chi …chi » pareil à Tino Rossi mais avec une musicalité des plus chargées d’ émotion que j’ai jamais entendues dans mon parcours au sommet des plus grandes réalisations musicales et vocales du monde .

Le lendemain sur la terrasse de « La Paillotte » Nini prenait le soleil toute vêtue de blanc . Je courais vers elle émue pleine de respect pour cette grande dame et c’est naturellement que je l’ai prise dans mes bras .
Avec une infinie tendresse , elle me dit : «  reste avec moi ma chérie , je vais te raconter la Corse que j’aime tant ».


17/07/2014
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Stop !Manuel ..... vu du coté de Belfort

 

 

 

 

 

 

 

 


STOP ! Manuel !

 

Retourne au cours préparatoire pour apprendre à « entendre » les voix polyphoniques de la Corse, vibrantes d’émotion sur le « Kalliste  » , tu devras écrire cent fois sur ton petit cahier d’écolier médiocre que la « vérité » s’entend avec un é et non pas verite , et véritable s’accorde avec vérifiable .
Aucune exception dans ce monde comateux des mauvais ministres nommés à la tête du client …Et comme disait un brillant autrement plus distingué un ministre …… ça ……ou ça se casse .


10/07/2014
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Ode à mon père Antoine Xavier Caggini

 

 

Ode à mon père Antoine Xavier Caggini

 

 

Entre jade et vert melon , la tendresse du printemps .

 

Il y eut ce jour où j'ai touché ce que voulait dire BC -AD ; ce fut le premier déchirement , la foudre avait un nom , un prénom et moi , l 'étamine, une suspension de points hachés, évadés qui n 'arrivaient pas à se constituer en matière vivante . , captifs qu ' ils étaient de cette substance insondable, inflammable que j'entretenais et qui me devenait insupportable.

Je souffrais pour de bon .

Le brasier .

Une image pourtant s' imposait , délicate et grande , trouvait une petite brèche , entamant davantage mon état dévasté ; elle revenait , dans une clarté tendre, rythmée, comme un sceau de ce qu'avait pu être un bonheur innocent à l ' instar de l'enfance heureuse : mon père cet éternel jeune homme avançait vers nous les enfants, exécutant quelques pas de danse sur la marche turque ...

Je pense qu' il s'était engagé dans la vie pour protéger les siens et quelques autres aussi sur ce mode

Il parfumait l 'enfance de ce ton léger dans un enthousiasme oranais qui pour l'instant réduisait mon âme en miettes .

Je .soumettais mon imagination à un enfer de questionnement .

Je voulais férocement recouvrer la senteur , le bien être du bonheur dans le violon de David Ostrakh aussi avec un sens de communion.

 

- « Tu vois cette montagne, un jour je construirai ma maison là »

Ce n'était pas une vraie montagne , la seule montagne que nous avions à Oran c'était le Murdjadjo, mais cette maison je la vivais avec lui .

 

J'étais venue au monde dans une vie arpegionnée d'amitié et de vents de douceur partout et dans le vert d' un petit melon sous l'ardent parfum de

l'amour divin.

Un jour , j'en suis sure, ce père là remettra ma vie en marche , car j 'en suis

convaincue ce fut sa dense et rare mission sur la terre et au ciel aussi .

 

Rêves et réalités ne sont que rarement paramétrés par les hommes mais par Dieu 


14/06/2014
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Amendement numéro mille e tre : mettre Mozart en mémoire de moi .© Christ

 
 
 
 
 
 
 
 
Amendement  numéro mille e tre : mettre  Mozart  en mémoire  de moi .© Christ 
 
Les  uns vers  les autres .
 
Le temps est un élément traitre  et  en même temps accordons lui  de remettre  chaque chose à  sa place pour  autant  que  nous gardions la tête  froide  sous le bonnet   ,mais  que nous jetions la toque du juge par dessus les moulins ;
 
Aller  jusqu ' aux  frontières  invisibles, où  tout ce  qui tient encore debout est noyé , où  tout ce qui se voit devient transparent où la vitesse  se  met  brusquement au ralenti où l 'observateur pour traverser la planète , croyant lire  son destin dans les  écailles  d' une tortue,est  saisi de l  ' ignorance et de la  cécité en attendant la fin de sa quête .
 
 
Il n'entend   que les gamins  rieurs , les marchands de beignets , les souffleurs  de feu .
Les uns, les autres , ceux  d ' hier et ceux  qui ne  savent même pas  que ceux d' hier  mangeaient  des  beignets  de fleurs  de courgettes  sur  le  marché d'Ajaccio . 
.Ce qui revient à dire ? 
 Traverser l ' hémisphère  nord  jusqu  à
l ' hémisphère  sud  en  petite culotte   et sans  sous  -tif  avec innocence et furie  qui  ignorent
 l ' impatience,  l 'effroi ,la  peur  de Han  Fu-Kiu  devant les  Japonais .
Explorer  ce que les grands  savants mettent des lunes à  décrypter  ,l ' œil  collé  sur leurs  savants  outils et que l 'artiste ,parce que il a  d'autres  yeux  pour  voir ailleurs se  contente  de raconter .
À 14 644  km  de Paris , Singapour m 'avait poinçonnée .Désormais j 'étais  empreinte  empreinte  d'enchantement :  charme des jolies femmes appartenant  à ce pays  de fleurs  que la blonde  la plus sexy des Europes  réunies ne pouvait que refléter une fleur de plastique fabriquée dans un atelier  clandestin du  13 eme et qui  aurait eu l ' incongruité de vouloir  être..
 
Combien les fièvres sont  bonnes à vivre , pourvu  que les  déchainement soient les nourriciers des âmes  d'artiste et leur  font perdre  la raison  pour aller  marcher  sur leurs mirages, dans des routes  qui n 'en finissent jamais ..
 
 
 « Le mot chinois  est un signe  complet en lui  même , réalisant une manière d'être, différent de ce  qu 'il dit et déjà très supérieur à ce qu 'il daigne signifier » 
Immensité  du vide  pris  la  main dans  le sac . 
 
 
J'ai besoin de  écouter le Requiem de Mozart , pour la première fois  j 'en ai besoin  .
Si la musique  a cette capacité  de rendre  si  heureuse  et si malheureuse, elle  a  aussi  cette  aptitude  de mettre en communion les âmes  qui se cherchent,  celle  qui ont perdu leur  orientation , hors  de leur maison , dans leur maison .
Un  monde  semble alors  se fermer , un autre
s' ouvrir ;
Une chose  est sure : être seule  dans cette galaxie nouvelle , sans nom  je ne suis  pas  perdue .
Suspension  où  je viens  de  prendre naissance  entre deux notes .
Serai-je  perdue ?
La boussole ne se trompe  pas. Ne serai-je qu ' un  vestige hésitant  entre  le verbe et la note ?
Et le chant  alors ?
Une  simple  corde vocale ?
Un  prodige  divin........Suspension .
Je  touche  la pierre , je passe  ma main sur tes murs .
J'entends la  prodigiosité  de ta  voix charnelle auréolée de vertu  divine.Quelle  est  cette intuition ?
Ma Musique s ortie de l ' ombre , issue  des entrailles  d' un ciel  inversé , d' une terre  embellie .Là  pas  d 'entreprise  humaine , pas de  fausse apparence , , seule  la transparence du  sol  sous nos pieds , là  où le rêve  prend naissance sans notre  consentement , où les images  se lisent sur les murs blanchis par nos yeux  clos pendant que  les  ondes sourdent  
dans nos âmes   doucement  éblouies .
 
 
 
Attente  sans rien attendre .
Femme ou homme , je ne sais pas dans ce monde  de  lumières  où mes sens sont  interchangeables .
 
Immobilité ;
Je suis sans  être .
La peine, comme  des poussières  restées  collées  .
Quand  la douleur abandonne,   surgit  une  clarinette  mozartienne, une flute de berger , mais  la douleur  n 'a  pas abandonné ;les incrustations dans la chair  ne se voient pas  parce que l 'âme  est latente au plus  creux  d' un ventre et c'est là que battent  la vie  et la mort  des poussières 
 
Antoni ! Je n'avais pas pu  assister à cette chose  innommable que les  gens  font  quand on doit  partir de cette  terre .
Mais Je viens  de faire un  rêve : Tu es de profil là  où...... Je crie fort , si fort que je t'ai réveillé et tu me regardes.Tu me dis « ton cri  était  cristallin ».
 
Les mères  imaginaires  ont -elles  des  douleurs  imaginaires ?
 
C'était  l ' histoire d' une péripatéticienne qui avait  muri sa pureté  pendant neuf cent ans  en sacrifice de sa famille car elle avait connu  le Christ en lui essuyant les pieds au pied  de la croix .
 
Fascination 
Je  brûle 
 

26/05/2014
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Carpe Diem …. Une entrevue élémentaire entre l'auteure , Kateb Yacine et Ajaccio le premier Mai 2014

 

 

 

 

 

 

 

Algérie 2014 m 'apparaît comme un paysage mythique dont j'aurai eu une vision éblouie .surprise en pleine extase de ma jeunesse, en robe à fleurs à bretelles , espadrilles en couleurs ,ambre solaire parfumée, soleil incandescent ,dans un tango bleu cadencé pour n 'émouvoir que les sables innombrables qui longent la mer de mon adolescence.

Tango bleu dans une cour de village à quelques km de Mostaganem ! Une transmission historique !

Histoire de moi .

J'ai le vide dans le présent , la cité dans mes gènes , ma vision prise au piège d' une amourette en couleurs depuis le djebel Tarik jusqu' au Bosphore .Les minarets portent des croix , les synagogues aussi ,

celles que les hommes portent sur leur dos sans s avoir qu'ils sont des frères couleur terre .

Kateb Yacine , mon amant de pays , tu as pris naissance dans mon ventre

- « J'ai même adoré vénérer ta féminité en faisant mon devoir d'amant primordial » .

Yacine ton étoile couvre toute la sensualité de mon corps nomade , je cours derrière la djellaba , à humer tes pas , tes parfums. N'as tu pas découvert la viole de gambe avent la flute du berger de Kabylie ?

Nous cheminons main dans la main , nos corps enlacés dans une sorte

d communion de notre appartenance pendant que les poussières de la terre s' entassent dessous- nous .

Je te di que je pars rejoindre l ' île des cimes et des lacs , la terre de la violence qui ne m 'a jamais quittée des yeux pendant que les anneaux

m 'encerclaient , gonflaiet de bulles irisées les allées menant dans une partie de moi périphérique.

 

J'ai réuni mes mains en coupe et par trois fois j 'ai bu l 'eau de la Mer .

Un geste en trois dimensions , initiatique , saisissant le cœur d' une réalité présente ,pleine du vide que je venais d' accomplir. Le réel venait de toucher ma chair , mes sens , mon inner-self . Heureuse de ne pas trouver le mot juste , il eut été incongru;.

Il y avait là du mystérieux, de l'humain , du non-humain .

Plénitude de cette inner-vérité dégagée du processus du temps .-

- »Je suis sauvée » ai-je entendu sans avoir jamais prononcé le mot .

Une étoile de mère, c 'est ce que je venais de découvrir à mes pieds .

C'était la plage de l 'enfance de Antoni .sur les Sanguinaires .

Dans la soirée , les moules dégustées dans une paillote en plein vent me donne la sensation d'être une fille du ciel dont le garçon de café un peu pataud n 'avait aucune idée, ; Je n 'aurai jamais existé pour lui ; c'était ça la liberté . J'avais pris possession de l ' amour sur le toit du monde auquel j 'avais entrainé et le garçon de café et l 'empereur de la mystification de l ' amour avec son chapeau à larges bords et ses chants exotiques sur le rythme d' un tango bleu irisé ;

 

C'est ainsi que « Fin » et « Commencement »furent  l 'épilogue de la ma maitrise de mon sujet : « Mère Méditerranée » ©Luce Caggini

 


22/05/2014
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Dialogue à quatre voix avec ma participation unie à celle de Dieu ©Jean l 'Evangéliste

 

 

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Dialogue à quatre voix avec ma participation unie à celle de Dieu

©Jean l 'Evangéliste
« Au commencement était la Parole,
Et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.
Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pan ...Pan ...Pan ...Pan …

Quatre coups de cymbales du destin des hommes

La cinquième de Beethoven .

Jean , fils de Zébédée, comme Ludwig tu nous la joues magistrale mode majeur en 21 versets

 

 

Donner le coup d' envoi à un tel billet c'est se jeter la tête la première dans un sac d'orties ou , au contraire se hisser au top d'un sujet qui, à ma connaissance n 'a pas encore vu le jour .

 

En toute innocence, je me suis sentie comprise par un Dieu  à ciel ouvert , m' ouvrant une brèche sans autre garde fou que celui de l 'amitié des lettres et des mots dont je suis moi même le je et le jeu .

 

 

 

Donc je pose ma première question à « Jean le disciple que Jésus aimait »,

 

-Luce Caggini Toi, Jean celui des quatre qui a le plus de rêves dans le cœur, et dans les mains des clefs de rare métal , que dis – tu de mon ignorance à ne savoir de toi que ce que tu as bien voulu laisser deviner dans les quatre premières lignes de ton musical et radieux et magnétique évangile ?

En quatre lignes du haut de ta jeunesse et ta beauté , tu ne nous laisses même pas le temps de nous retourner , prendre une petit café avec Mahmoud Darwisch ou Camus et tu nous l 'assènes comme un qui ne doute de rien et surtout pas de toi!Pourtant tu es un tendre non ?

 

-Jean -Ma chère amie , en trois mots , je te le dis 1, mets la pédale douce à ce ton de magnifique inaptitude à interpréter mes quatre premières lignes 2 , sois un peu plus maline pour comprendre le mot « commencement »;un contretemps de quelques milliards d' années me sépare de ce fameux commencement dont le mot « an » est le trait d' union 3, mon amitié amoureuse des agnelles et des agneaux de mon ami Christ peut te choquer mais je suis entièrement numérisé comme un grand page de la chrétienté alors que je suis un nomade comme lui, comme toi, sans plus de caractère que Marc et Mathieu ou Luc dont je ne sais qu ' une chose : ils ont été des marins marcheurs, des groupies valeureux mais dans une grande omerta dans les moments difficiles de Christ . Dans cette magnifique cargaison de mages et de pages , , beaucoup de belles et jeunes femmes nous ont montré la beauté et la vie et furent la lumière des murailles de nos incompréhensions des paroles du Christ. Donc , petite lune de mon cœur n' unis pas les agnelles et les agneaux dans un même sac de donneurs de leçons du monde des Béatitudes avec le monde des myriade de valeur christique de la Beauté de la musique céleste des Rues de Jérusalem.

 

-LC Mon cher Jean , par agneaux et agnelles de qui veux tu parler ?

 

-Jean -

Dans le troupeau des connaisseurs de la musique du ciel , il y a les proies et les prédateurs , mais les rois et les reines des chemins de mon concert magnifique ne marchent pas dans le même rayon de lumière;parfois les lumières des uns ne sont pas les lumières des autres .

 

-LC Dans ce cas , Jean , rien ne me dit que tu es lune ou soleil Mars ou Uranus , Orion ou , comme un mur d e Planck scintillant ou garant d' une muraille de miroirs réfléchissant des illusions d' optique , comme un petit agneau ébloui de particules magiques inoculées par un ovni radieux monté sur mouvement giratoire universel sur le toit du monde.

 

 

 

- Jean Eh bien , ma gentille conductrice de belles nuances , remets toi au niveau de tes études rudimentaires et pense à Camus , à « l 'Étranger », à la lumière du beau soleil de ton Algérie uniquement magique pour toi et les tiens et tu magnifieras le garant de l ' ovni pareil à un gagnant du Prix Nobel de 1957 dont le premier mot fut pour sa mère .

 

-LC Mon cher ami de Christ , un étranger de ma connaissance dont le nom ne t'est pas inconnu car il habite les Ténèbres, ne donnerait- il- pas un nombre démoniaque de rois et de reines pour éclabousser le monde de rayons X de milliards de milliards de fois pour glorifier son royaume ?. Dans ce duel de méga forces , comment peux tu encore me dire comment le roi du Nobel de 1957 , je veux parler de Camus ce pied-noir de génie a- il -pu confondre lumière et anti-lumière , car je ne lui a pas connu de croyance christique , grande moyenne ou petite ?

 

 

-Jean A ma connaissance ,Camus a été comateux d' un point de vue croyance en Dieu , mais , malgré sa cécité murie par un autre monde solaire , il a eu le don magique de capter la pureté et la force pugnace des sommets de la Kabylie aux rives de la Méditerranée comme les ors des crêtes du Christ eléison dont Christ me dit que c'est le Roi du matin des magiciens de la Corse , donc ma chère corse corsisante bénéficiant du soutien de Saturne , le dieu romain du temps ,le plus lent de ta vie dont le cycle est enfin en position de reprendre sa voie primitive dans le sens johannique de mon évangile dans le passage II 8 «  faites tout ce qu'il vous dira » tu comprendras le sens du mot « humanité » contrepartie des murailles des ténèbres ; mais en attendant , ma gentille lune sois active et conduis ta course sans hésitation vers les sommets de Ghisoni avec le roi des Alta Rocca dans la pieve de ton choix .

 

-LC Dans «  « le cas « de Camus dont le contact charnel avec l 'Algérie vêtu de sagesse et du gage d' enfantement dans la vie politique, rien de commun avec moi dont le généreux mélange me permit d'être un être hybride , témoignage de gratification entre mère, matrice Algérie et père allié à Rome dans la pénible fin de siècle du monde des orientaux conditionnés par l'art de la chrétienté. Rarement dans le jeu des rois et des reines un signe de magnétisme a été aussi montagneux que celui du pays de la passion et celui de l 'agneau des rives du Jourdain .

Dans ce contexte de forces tellement vives , Jean, comment vois tu l'ouragan vif et mort d' un Camus dont l' «  Étranger » avait été déconnecté sentimentalement car happé par la lumière de la terre algérienne et dont le premier mot de son créateur lors de son accession au Nobel fut pour sa mère?

 

-Jean Même Marie dont le fils a été le Roi des Juifs eut un incomparable mutisme car la cruauté de la vue de son fils sur la croix mit son cœur en poussières pour le restant de sa vie ; mais dans le cas de Camus , rien ne dit que son « Étranger » ne fut pas inoculé par le malin juste pendant les trois heures que durèrent son acte d'ignominie , justification d'une cruelle rixe entre deux cultures murées chacune dans l'indifférence l'une de l'autre. Ma chère lune de cœur , ma dame de grande ignorance des êtres humains, renoue avec Camus, car son « Étranger »n 'attente pas à son intégrité pugnace et monolithique dans sa foi pour son pays natal. Ma donnée du monde des âmes entre ciel et terre est une donnée murie au soleil du mariage des uns et des autres .Mais pour avoir été le plus amoureux de nous quatre, je fus le moins éclatant et le plus imaginatif c'est vrai , mais ce qui est plus vrai que vrai c'est l « 'agneau de Dieu qui a été sacrifié par Dieu sommet de la Pensée- Connaissance parlant « Christ » avec une voix de Christ puisant dans le monde humain assez de magnétisme pour agiter les foules depuis 2014 ans .

 

-LC Mon cher unique acteur de la troupe , ma connaissance de la Bible des quatre évangiles devrait suffire à rendre le discours de ta communication apte à me donner un immense désir de cheminer dans les magnifiques allées du Christ et je ne suis qu 'une agnelle artiste péniblement imaginative , numérisée comme toi. .Mais imagine que tu es donné comme un unique adorateur du Roi des Juifs dans les rues de Jérusalem et tu seras vite magnétique comme un magnétiseur de poseur de bombes ami de Bachar -el-Assad ! .Donc cher ami venant du fond des âges entrain de cheminer dans l ' humanité dont avant demain ou après demain tu as honoré le réalisme de ma petite pause terrestre , sois sûr que tu es le bienvenu en critique littéraire de A.Camus

 

- Jean Mes dons de trompettiste et de critique littéraire n 'eurent jamais le pouvoir de parvenir aux étrangers nécrosés du ciel mais ne furent jamais autant lus et célébrés par les hommes de pouvoir et les artistes de la terre qui me disent toujours : «  tu es celui que Marie a eu comme fils aussi ».

 

 

Enfin un petit pépin de lumière apparut :

 



- «  Dans cette partie de poker menteur où je dois faire savoir ma passion pour ma mère et pour mes options uniquement musicales que l 'Algérie et l 'agitation à ce sujet , puissiez -vous me dire , agneaux et agnelles du ciel et de la terre que , au moins , je vous ai tenu la dragée haute et le souffle cadencé par le petit bout de la lorgnette , en pesant les mots et les nombres de Pan ...Pan ...Pan ..Pan ....

© Albert Camus














































20/05/2014
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Construire un mur sur un mont sacré : le Murdjardjo

 

 

 

 

 

 

Construire un mur sur un mont sacré : le Murdjardjo parce que le Kilimanjaro c'est magique mais organiquement marginal , de plus ma vie c'est dans le domptage des lions et mes lions ne parlent pas la neige

 

Là haut sur le Murdjajdjo quelques oliviers se sont laissés aller à voir le jour et la nuit .

Surtout les nuits où tous les pèlerins , croyants , non croyants, mi – croyants avaient déserté les allées , les pentes broussailleuses , celles qui n 'ont qu ' un temps , le temps choisi dans un rêve taoïste pour redescendre à Oran où ils étaient tous nés .

 

Moi qui me prenais pour une Chleuh comme les autres .qui n 'avais jamais été plus loin que Mostaganem , Arzew le Cap Falcon , comme les autres je trouvais que c'était la plus belle ville du monde .

Pourtant mon père avait été un proche de Camus ,mais moi, Camus je m 'en contrefichais .j 'avais quinze ans et les garçons avaient la priorité malgré l 'austérité draconienne que m ' imposait ma famille .

C'est ainsi que je développais une aptitude au mensonge avec la même intensité et la même ardeur qu' au bonheur , tous deux confondus .

Cette logique triomphait et mon corps nu ruisselant de Méditerranée ne mentait pas .

Mes yeux ne savaient que le bleu de cette eau à laquelle je savais appartenir comme le galet qui ne cesserait jamais d' être caressé .

Je n'avais pas pensé écrire.

Je n'avais pas pensé dessiner

Danser , courir, mentir , régir mes unions avec les Dieux de la jeunesse oranaise suffisaient pour voler avec les oiseaux, et parce que ma mère jouait Debussy,ma le monde était bleu, comme un sceau ailé de djellabas et de turbans sur des cranes chauves .

Moi , je suis brune.

Ma mère a les yeux noirs et mon père revient de In Salah avec des œufs d' autruche entourés de cuirs de toutes les couleurs .

Il porte une tunique blanche sur un saroual noir marche dans des . sandales a lanières de cuir

Il me raconte des histoires de petit fennec qui court dans les sables, ça se passe dans un échange de petits papiers que nous nous écrivons et que nous poussons sur la table .

Fin du conte à qui je vais donner le nom de Raz – el -Ain qui ne connut ni hiver ni printemps ni automne ni été .

 

 

 

 

 


08/05/2014
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Delphine de Malherbe, Interview in live-I Café de Flore samedi 29 Mars 2014 Première partie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Delphine de Malherbe, Interview in live-I  par  Luce  Caggini

Café de Flore samedi 29 Mars 2014

Première partie

 

11 heures, j’arrive très en avance à notre à rendez-vous.

Delphine de Malherbe est là avant moi !

 

Luce Caggini :« A l’heure où vivent les hommes », un livre que j’ai bien aimé, que j’ai fait lire autour de moi. Nous avons une heure pour en parler. Vous voyez, il est annoté, chiffonné, surligné, il y a même des cercles, je ne l’ai pas mal traité du tout, il est finalement un peu usé, il a vécu avec moi.

 

Delphine de Malherbe :Moi j’aime les livres abimés, pour les livres c’est une preuve d’amour, ce qui n’est pas le cas pour les êtres.

 

LC : D’abord le titre : « à l’heure … … … »… Cette heure n’a pas soixante minutes mais tout se passe comme si l’action n’avait pu se développer qu’en une heure de temps.

 

DM :Ce n’est pas faux ; c’est un peu ce que j’ai voulu donner comme impression, ça me plaît ce que vous dites, j’ai cherché à ce qu’on ressente ça.

 

LC :Votre livre, c’est un pavé en filigrane, ce n’est pas seulement un livre, je l’ai lu avec les yeux d’un peintre, évidemment. Vous attaquez fort, l’incendie, le rouge, vous êtes incandescente vous-même ! Est-ce que l’on peut le dire de vous ?

 

DM :Si vous le pensez vous pouvez le dire, c’est aux autres de dire ce que je suis. Si vous le pensez, vous dites ce que vous voulez.

 

LC : On peut se tromper.

 

DM : On a droit le droit à l’erreur, dans ma bouche ce serait très… (un bruit de fond trop fort m’empêche de capter). Oui je pense être un peu incandescente…

 

LC : Un auteur ça ne doit pas tricher.

 

DM : Ah, ça, je ne triche jamais sinon ce n’est pas intéressant.

 

LC :Vous avez commencé par rendre hommage à Gaston Bachelard, le philosophe qui aime le bonheur, la terre… puis à Chateaubriand et Jean Cocteau qui traverserait le feu pour Jean Marais, or le feu vous le dispensez largement.

 

DM :Cocteau c’est très important pour moi, j’ai connu un peu Jean Marais, mais je l’ai mal connu, ce n’est pas quelqu’un qui a été un ami, on s’est rencontré, il a écrit, il m’a donné des conseils, et après l’œuvre de Cocteau a été fondatrice pour moi.

 

LC :Qu’avez vous préféré dans son œuvre ?

 

DM : La liberté.

 

LC : Il n’a pas été aussi libre que ça.

 

DM :Au départ non, mais la liberté qu’il s’est offerte tant dans ses formes d’art que dans le fond de sa personne, il s’est offert le droit d’être très neuf, présent dans tous les arts, je crois que j’aime tout chez lui, j’ai aimé sa spiritualité intelligente, parce que au départ c’est quelqu’un de profondément cynique et profondément parisien au sens proustien du terme – après son cynisme, il s’est ouvert, en plus de la liberté, à une forme de bonté originelle et universelle qui est le summum de l’intelligence, à mes yeux, et qui m’intéresse – ils étaient même rivaux et ennemis : et il y a le recueil de lettres à Jacques Maritain qui sont pour le coup plus qu’incandescentes, c’est de la braise, c’est sublime. Et j’aime chez lui, comme il disait, ses manières de traverser les miroirs, d’évoluer tout le temps, de trouver des libertés. On est jamais totalement libre, on a des prisons partout mais quelle évolution permanente, alors que je trouve que la plupart des écrivains et des artistes dans l’histoire parisienne de la littérature, pas dans l’histoire nouvelle, ont souvent été prisonniers du regard des autres, de la culture franco-française, que j’adore, mais ça dépend comment.

 

LC :Seriez-vous vous-même un écrivain de la cité parisienne ?

 

DM :Je ne crois pas. D’abord ceux qui m’ont le plus marquée, indépendamment de Cocteau, ce sont les Russes et les Américains, et dans le contemporain celui qui me plaît, je pense à ce truc aussi… le seul que j’adore c’est Philippe Djian ; toute son œuvre est pour moi… elle a un peu de l’âme slave et un peu cette chose de la terre des auteurs américains… donc, j’aime le mot d’être un écrivain de la cité mais je ne me sens pas un écrivain parisien. Je ne me retrouve pas là, même s’il y a des gens que j’aime dans ce milieu-là et il y a des gens avec qui je ne partage rien ; mais ça ne me ressemble pas… … ça serait mentir.

 

LC : Dans votre éventail d’hommes avant-dernière page : Léo Ferré, c’est Terre des Hommes, il aime, c’est un musicien, or dans votre livre il n’y a pas de symphonie, c’est impossible…

 

DM :Tout à fait. Au début oui.

 

LC : Vous finissez à la dernière page avec Pier Paolo Pasolini le sacrifié de l’homme et le burn out.

 

DM : Mais ce n’est pas la fin de l’histoire.

 

LC : Burn out c’est l’achèvement.

 

DM : Non, elle est en train de dire qu’il n’y a pas eu de burn out, c’est ça qui est dit.

 

LC : On peut le comprendre différemment.

 

DM :Elle veut dire burn out, quel burn out ? Ça veut dire qu’il n’y en a pas eu. Tout est reconstruit… pas reconstruit… mais d’autres chemins les réunit, c’est très net, donc le burn out c’est le début.

 

LC :C’est paradoxal que vous terminiez sur ce mot-là et en même temps c’est la construction de votre livre, bien bâti, mais vous commencez par un incendie et vous finissez par un incendie dans une autre langue.

 

DM : Ça je ne suis pas d’accord avec vous, car elle en parle beaucoup plutôt du burn out, c’est une façon de l’évacuer définitivement comme si la pluie l’avait éteint.

 

LC :Que pensez de la purification par le feu ? Le feu c’est une présence dans votre livre.

 

DM :Je pense que la réponse est dans le premier paragraphe, le héros qui aime voir la mort par le feu ; je ne sais pas mon livre par cœur, heureusement, c’est très narcissique, sûrement, ça représente une façon nécessaire de mourir à soi parfois dans la vie pour renaître… je suis par intermittence… déjà morte…

 

LC :On est pas à renaître 24 heures sur 24…

 

DM :Déjà non je ne suis pas religieuse, mais croyante, souvent.

 

LC :Je ne parle pas du tout de religion, de spiritualité.

 

DM :Je n’aime pas les gens exaltés.

 

LC :L’exaltation ne manque pas dans votre livre…

 

DM :Dans l’exaltation de la pensée, l’exaltation de creuser, de chercher, pas l’exaltation des mystiques, en tout cas ça ne me plaît pas… les gourous, les machins… à tous les croisements de rues.

 

LC : Je ne pensais pas aux contemporains. Quels mystiques par exemple ?

 

DM :J’en sais rien. Comme je déteste l’histoire, j’ai lu des tonnes de vies de mystiques que j’ai oubliées le lendemain. Le seul problème grave que j’ai, intellectuellement, c’est que j’avais un père que j’adore qui est mort, mais que j’aime, qui était tellement ancré dans le passé qu’il pouvait dire par exemple, là, dans un entretien, le 3 Mars 1973 à 18 heures j’ai lu tel livre… tellement ancré dans l’histoire aussi, à connaître les rois de France, des saints tout par cœur, que moi… j’ai autant de culture que lui, je lis autant que lui-même mais je les oublie, j’en garde que la moelle et après tout s’en va. Je m’intéresse aux gens que je rencontre.

 

LC : Je pense à ce qui tourne constamment, le passé le présent ne sont pas juste des juxtapositions, ce sont des choses qui tournent constamment dans nos têtes, et je peux très bien vous parler de votre père et il est là ; c’est dans ce sens…

 

DM : Tout à fait, bien sûr…

 

Fin de la première partie

 

Madame Delphine de Malherbe a un art : être menée autant que de mener l’entrevue du peintre rêvant d’interviewer une auteure, marquée qu’elle est par le sceau du libre choix de mener qu’un roi ou une reine ont dans la cour du Temps.

 

« A l’heure ou les hommes vivent »Delphine de Malherbe, Editions Plon, janvier 2014, 250 pages, 17 €


08/05/2014
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