une Chrétienne née sur la terre arabe.

une Chrétienne   née  sur  la  terre  arabe.

"La merveilleuse défaite d’Albert Cohen"

http://larepubliquedeslivres.com/la-merveilleuse-defaite-dalbert-cohen/

 

Non, Albert Cohen n’est pas cet écrivain comique dont on a célébré la faconde ; bien qu’ils aient partagé une grande amitié et une complicité certaine en leur adolescence, Albert Cohen n’est pas Marcel Pagnol. Il y a chez lui une dimension inexistante chez ce dernier : la tragédie. Qui est la condition tragique de la vie, à partir de ce thème de départ (à base autobiographique) : la tragédie juive dont il fut, en tant que fonctionnaire international, un spectateur privilégié, angoissé, traumatisé ⎯ il n’est pas inintéressant de rappeler qu’Albert Cohen, en prenant sa retraite, choisit de vivre reclus au 7ème étage d’un immeuble genevois, derrière une porte munie de plusieurs verrous, et ne connut qu’à la fin de sa vie les feux des projecteurs. Avec une lucidité qui étonne par sa force au crépuscule de sa vie, il a pu, donc, prévoyant que nous entrions dans une longue et incertaine période de troubles, de conflits insolubles, de caïnisme généralisé, de planète en folie ⎯ climatique, géologique, humanoïde et, last but not least, terroriste⎯, déclarer posément, tranquillement, catégoriquement :

« Il n’y aura pas de 3ème millénaire ».

Et nous sommes là à relever sa phrase et ce défi, et puisant, peut-être, dans une des dernières œuvres du XXème siècle au souffle humaniste, quelque raison encore d’espérer, tout comme il a voulu plonger son personnage Solal dans la tragédie, certes, tout en soulevant une brume d’incertitude sur sa mort véritable. Alors, si nous croyons encore que Sol ⎯ qui est le Soleil ⎯ n’a pas plongé dans l’abîme, peut-être, avec Cohen, nous prendrons-nous au jeu de la foi et de l’absolu, et saurons-nous, penchés sur le précipice, nous attacher, comme un ultime enjeu, à ce « seigneur ensanglanté au sourire rebelle qui allait, fou d’amour pour la terre et couronné de beauté, vers demain et sa merveilleuse défaite » (Solal, 339).



05/12/2016
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