"Les billets fous de Luce Caggini"

À Oran deux lions sont devenus sourds

À Oran deux lions sont devenus sourds

 

 

Je l 'avoue, aujourd' hui j’aurais besoin d’ un plan de la ville pour ne pas me perdre .  Le paysage s'est estompé sous  ses nouveaux habitants m 'effaçant dans la même foulée. Leurs voix ont étouffé  les sons de mon enfance. Pas une seule once de cette aventure viscérale qui a duré un petit temps béni  . Dessaisie de mes yeux d'oranaise , ne suis- je pas tout simplement en train d’expérimenter une désincarna­tion de ma naissance ?

Fut un temps où  surgissaient des photos des rues d' Oran  des effluves que je croyais impérissables.  Ces  voyages flous sur les pavés inconnus privés de nos rires fous  quand nous revenions de l 'école  étaient  dépourvus d’ hiver , d’automne , de printemps,de vents desséchants,de pluies froides.  Dans cette matière malléable qu 'est ma mémoire , il n ‘ y eut  seulement qu 'une procession d’étés jeunes et éblouissants.

Mais sur le tarmak  les avions n’ont assuré  que les départs,©

 

 



02/06/2019
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