"Les billets fous de Luce Caggini"

« Jiseus! »Comme disent les new-yorkais, voilà que j’ai bastonné la tradition.

 

 

Aujour d ‘hui que le temps s’est laissé aller, je peux mettre un visage sur l ‘homme de la croix.

Je peux dire à tous ceux et à toutes celles qui n’ ont pas fait la route du Murdjadjo( à Oran ) que quarante jours ou quarante gentilles numides ou quarante voleurs c’est non-sens car jamais arabe , juif ou chrétien n ‘ont pu rencontrer Christ sur les pentes du Murdjadjo.

 

Jusqu’il y a peu   encore j’ interpellais l ‘homme-cathédrale, le crucifié le sage , le fougueux :

-Les uns te prennent pour un mythe , les autres un virtuel, c’est à peu près la même chose, moi je me passe des certitudes comme des incertitudes. Toi , qui dis tu que tu es ?

 

-Je suis un remake de Roman Plolansky dans l ‘art de faire parler ma mère , mon père et mes cousins.

 

.-Tu es un homme à éclipse , tu te fais remarquer avec des tours de passe -passe, tu disparais , tu déambules sans passe-port, même tes familiers ne te reconnaissent pas , et tu te laisses bêtement clouer sur une croix . Aucune chance de t’en tirer sans les droits de l ‘ homme.

 

-Ma chère Luce ,tu me réduis un peu vite à un travesti du Bal des Maudits ,je n ‘ai jamais rien vu d’aussi expéditif dans toutes les oraisons depuis deux mille ans .Saches que la vanité est la voie la plus répandue parmi les historiens de ma vie, les plus savants sont surtout les plus irritants .

 

-Avoue que tu as tout fait pour nous embrouiller .Si seulement tu avais laissé quelques écrits, au lieu de laisser traîner derrière toi quatre paparazzi . Tu crois pas qu ‘ il est temps de mettre un terme au suspens  ? Par dessus le marché , tu aurais pu en choisir qui parlaient la même langue que toi. Excepté Jean le télépathe ,le poète , l’artiste et  si  tu veux mon avis , c’est celui qui a le mieux vendu ton label .

 

-Résumons nous : 1 tu es rondement prétentieuse ,la réalité ne te rend pas réaliste , mais tu as raison ; « je » est parano, même moi je me donne des raisons de créature humaine pour y croire mais mon agent de publicité connu dans le monde entier , muré dans son ciel de plomb inondant les montagnes et les plaines de trois miniatures collées à mes plantes de pied , la foi, la charité et l ‘espérance, annihila mon ADN en trois coups de sémantique bien choisie ..2 La voix du ciel ne t’arrive pas aux oreilles mais dans l ‘art de te moquer d’un seul homme ,et dans ta précieuse rapidité à tout piger tu ne t’es jamais dit que tu avais sauté un chapitre ??3 La mia vita e un agitato, mezzo  agitato, molto agitato, donc  cara  mia mets  une  sourdine  à  ton  toupet et  quand la foi  t’ouvrira toutes grandes les portes du  paradis des  musulmans  , des juifs  et des chrétiens tu  mettras  enfin  un adagio  à  tes  aggiornamentos et tes  agitations d’entreprise  de démolition .

 

Manipulation génétique .

Montage  chamanique .

Errance unitaire d’ un gène mou et  mort  de frousse de ne ressembler à personne , paniqué à l’idée de ne jamais  mourir  de rire mais  avantageusement numérisé puissance  XXL , mon  interlocuteur imaginant  inutilement  me faire  tomber dans  une belle musique  avec chœur d’anges   ânonnant  les Dieux  de la méditation de Thais , en moins larmoyant , inonda  de toutes  ses mues ma page d’entretien  et  annula en moins d e temps qu’ il ne faut pour le dire mon adhésion à la

tradition chrétienne .

-En trois  mots ,Christ, étais-tu ce juif, philistin libéré ? Quel signe particulier as- tu reçu pour te conduire au sacrifice ?Que savais -tu de toi -même ?Es-tu allé sur la croix en pleurant de peur ou d’ amour de Dieu, et puis , qu’est-ce que c’est cette folie de la croix ,où, à ma connaissance personne ne t’a suivi .Pourquoi as- tu abrégé ta vie ?

 

Et voila les secrets obscurs, les paraboles, les révélations dissimulés derrière l’écran confortable et doux de notre bonne petite vie qui viennent de se casser le nez en plein milieu de conversation entre un exégète et un peintre en état d’ ivresse .Une petite lumière clignote au centre d’une mosaïque de perplexités.

Si je peux éponger le terreau jusqu ‘à la sortie du tunnel, je serai à même de passer un cap, un pic, la Mer Rouge à pieds secs.

Je me sens en droit de me poser ce genre de questions, prête à poser le pied au seuil de tous les dangers; en même temps « poor fellow» ça mute vers la paralysie au fur et à mesure de la découverte .

« Jiseus! »Comme disent les new-yorkais, voilà que j’ai  bastonné la tradition.

 



02/06/2019
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