"Les billets fous de Luce Caggini"

Prière sur mon tapis mordoré au Royaume de Tlemcen.

 

 

 

 

 



En 1960 j’étais à Mostaganem avec mes momies loin 
 des Moudjahidates , privilégiée heureuse et prisonnière
 d’ une monstruosité de ma petite personne nouant
 mes racines au soleil des origines de ma naissance dans
 le sol arabe .Manifestant ma solidarité uniquement aux
 moissonneurs de la libre Algérie sans donner mon sang ni
 le salaire de la peur .
La librairie dans une rue adjacente de l’Avenue du Premier de Ligne
 tenue par un ami arabe était mon refuge et ma conscience 
Avec .mon amie Leila Bensmaîn dont la famille avait l’épicerie 
 aux Trois- Ponts , nous faisions notre révolution dans la cuisine 
à coups de cornes de gazelle et de slabias, après on allait
 au hammam de l’Avenue Raynal pour finir la journée 
 aux Sablettes , sur le sable .
En regardant le visage de ces femmes ,visages austères 
visages de la renaissance où les ors et les voiles ensevelis
 peut être , ont la tendresse et la force de l’enfantement 
dans mes mains jointes la terre de ma naissance, le sel
d’ un pays où la vie se joue dans les yeux de femmes ,
 riches des leurs nudités éclatantes effervescentes 
cachées au plus profond du Royaume de Tlemcen .

Sur le mur blanc du photographe , l’ indécence d’ une 
France meurtrière sans retenue, exposant ses 
soldats à une complicité sanglante .



 


07/07/2012
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