"Les Billets fous de Luce Caggini"

Vendredi . Ensanglanté .Ineffaçable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Vendredi . Ensanglanté .Ineffaçable.

 

 

Il était une fois une France heureuse.

Vint un vendredi du Malheur où les roulettes de l 'effroi se sont surpassées à faucher une jeunesse innocente ,joueuse, joyeuse, un funeste vendredi peu soucieux d'ensanglanter le pays .

Nos amis n' ont pas eu besoin de prendre un bus, le chauffeur de la mort est allé à leur rencontre .

La stupéfaction, la colère, les pleurs , puis un murmure :« Donne-leur le re­pos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine » .Était-ce ce qu' ils auraient voulu entendre ? Je ne sais pas. Ce n 'est qu 'une pensée douce d'ac­compagnement, un chant de sérénité pour les arracher à l 'épouvante de leurs derniers instants avec une brassée de Fleurs silen­cieuses .

 

Ah ! Combien je voudrais me couper des mots empestés de colère, faire re­naître la réalité d'avant , parce que c'était mieux avant, sans tout ce qui fait lever les yeux sur tout ce qui entre dans le wagon du métro , tout ce qui bouge un peu trop vite .

 

« Dio Vi Salvi Regina » en procession, assis en rond, en masse, sans dis­tinction d' appartenance , avec les familles éplorées qu 'un colonel Massoud , le lion du panshir aurait pu psalmodier juste pour monter en sérénité au plus- haut des cieux d' une planète en alarme .

 

Une plongée au fin fond d' une humanité en pleine tempête soumise à des dis­tributeurs de vies et de morts, dans les eaux floues d' une poignée de reli­gieux corrompus, venus de l 'enfer, travestis de lin souillé à vocation meur­trière .

 

Innommable quatrième prière avant d 'aller tuer les jeunesses du Bataclan, les promeneurs attardés dans les rues de Paris au nom d' une religion de la décapitation, de la flagellation , de la lapidation  aux accents écailleux .

Le drapeau de l 'Islam dans le ventre en miettes de Paris .

 

Heureux les croyants musulmans qui n ' ont pas marché sur les pas de la sourate ouvrante et pénétrante «Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux. Louange à Allah, seigneur de l’univers. Le tout miséricor­dieux, le très miséricordieux, Maître du Jour de la rétribution. C’est toi  que nous adorons, et c’est toi  dont nous implorons secours. Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru ta colère, ni des égarés  » .Les Egarés ? c'est à dire nous , Les Juifs et les Chrétiens .

 

Rome était magnifiquement nue pendant l 'aventure du mortel incendie de ses murs mais Rome nourrie du lait de la louve mit les morts dans la même maison de la Cité et pleura avec les loups .

 

Sous l 'empire du choc, du traumatisme de chacun de mes sou­venirs d'avant, les bombes sous les paniers de légumes du marché d'Oran ,(Per­sonne à ma connaissance n 'ayant traversé la guerre en Algérie dans un fauteuil de cinéma ) dans l 'effroi , dans la surchauffe du tremblement de mes idées, la main invisible de l 'envers de la vie , main aveugle, main de la mort, de la guerre de cent ans, des images s'agrandissent comme des taches.

Dans les forteresse des horreurs , j'ai peur .



17/11/2015
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