"Les billets fous de Luce Caggini"

2015


Pétrarque : Passion Chrétienne - Sonnet III du Canzoniere

 

 





Ultime croisière dans un monde irréaliste médiatiquement pulvérisé par le vol de bourdons assoiffés de pouvoirs .

 Imitons les grands compositeurs de musique :
Même eux mûrissent les sons avant de leur donner un nom ; les mémoriser c'est avoir déjà magnifié une donnée sans l 'avoir jamais énoncée.

Donc quand un musicien de génie oralise une centaine de notes , il a dû mener un aller retour de toutes leurs  composantes mouvantes , puisant dans les ramures de la harpe céleste un ton petitement  mesuré car accords  musicaux, mesures complètes, miracles et péages  du ciel à la terre  sont rarement menés numériquement  dans  le même ordre dans les mêmes  normes chez  tous les musiciens . Ardentes  musiques dans la tête , vies et morts dans le corps, magie et artifice sous la plume .


Les magnifiques harmonies  puisées dans le monde nuageux des croix du sacrifié de Dieu dirigent en chef d' orchestre une géométrie intégralement rigoureuse amenant le compositeur à ignorer jusqu ' au sens de la composition pour introduire une partie de la croix dans les arpèges du chant des mouettes qui volettent au dessus de sa plume .


Dans la mémoire du grand Plutarque il y eut un jour un réel coup de passion exaltée par la beauté du visage de Laure. Pendant que l 'ardeur de son amour grandissait générant un choc de grande intensité,  amoureux mais engourdi par cette rencontre, le vieillard mit Dieu en contentieux et invita Laure à communier un instant avec le géant divin .

 Il y eut instantanément un croisement étrange  et magistral de minuscules cristallines numéraires gagnées par le mouvement des  ramifications des trois canons  de la mosaïque : passion,  douleur et  résurrection . 
Imaginant beauté, musique dans un même médium miraculeux de misère et de munificence, mourant d' unification et de médiumnité , le vieil  homme  amoureux analyse une vie sous les trois aspects de l 'Amour inaltérable et sacré.
 Amené à relier magie et crucifixion , pareil à un navigateur dans la nuée des réseaux sociaux, il sillonna des montagnes d 'oreilles et de bouches avant de murmurer aux médias de la planète : «  Christ est prisonnier de dieux fous armés de toutes les maladies des discours religieux .


Era 'l giorno ch'al sol si scoloraro
per la pietà del suo Factore i rai,
quando i' fui preso, et non me ne guardai,
ché i be' vostr'occhi, Donna, mi legaro.

Tempo non mi parea da far riparo
contra colpi d'Amor; però n'andai
secur, senza sospetto: onde i mei guai
nel comune dolor. s'incominciaro.

Trovommi Amor del tutto disarmato,
et aperta la via per gli occhi al core,
che di lagrime son fatti uscio et varco.

Però, al mio parer, non li fu honore
ferir me de saetta in quello stato,
a voi armata non mostrar pur l'arco

 

 

Le soleil vint à décolorer ses rayons,

Quand, ne me gardant pas, je fus fait prisonnier,

De vos beaux yeux, Dame, je me vis enchaîné.

 

Il ne me semblait pas qu’il fallût me défendre,

Contre les coups d’Amour, et ainsi je marchais

Tranquille et sans soupçon : c’est pourquoi mes malheurs

En douleur universelle initièrent prise.

 

Dieu Amour me trouva tout entier désarmé

Et sut s’ouvrir la voie par les yeux jusqu’au cœur

Où larmes ont trouvé la porte et le passage.

 

Pourtant, me sembla-t-il, ce lui fut peu d’honneur

De me percer de flèche en l’état où j’étais,

Et à vous, bien aimée, de ne pas montrer l’arc.

Il traite Amour de lâche, pour l’avoir frappé un jour où il devait être
sans défiance.


07/04/2015
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Où donc est passé le Troisième Homme de Camus ?

 

 

 

 

 

 

-Bénédiction d' un ciel amusé de la modernité émise par un au­teur oranais pour montrer un monde réaliste empreint du génie du christianisme en dehors du miroir munificent de la magie médi­terranéenne .

Après Kamel Daoud, il faudra une autre guerre de la parole pour montrer à nouveau comment une même invention peut puiser impérialement immensément dans l'âme humaine un don de transposition imputant un élan de mort intentionnelle ou biaisant un geste de « roumi » prévenant une montée de racisme tout en étant mentalement monumentalement magistralement ingénieuse­ment ingénument pris en flagrant défaut de misère humaine.

 

Intentionnellement c'est en oranaise née en Algérie française ve­nue en métropole pour la première fois à quinze ans avec étonne­ment et peu de joie que j 'écris cette partition arabe (valable seulement si Kamel Daoud me le permet ) prémisse d'une pensée géométriquement opposée redisant avec émotion le passage amoureux du plus bel empoisonnement dû au soleil au plus dan­gereux péril je veux parler de la grisaille parisienne .

 

 

 

-Mener un marin en ballade sur un radeau ondoyant entre trois réalités mi­teuses réglées par avance , périr dans un accident de voiture me­nant un auteur rigoureusement nu et rasé de prés mi­roitant dans les eaux algériennes fut le coup de malentendu le plus rude d'une carrière tondue de prés par un Dieu pas très regardant sur le ­coeur d' un homme blessé par le volant d' une Facel-Véga .

 

Même mort le troisième homme eut l'art de parler sans émettre un son surtout quand l 'aumônier eut un geste plein de larmes.

Dés qu 'il disparut ,à mon grand étonnement, emportant dans sa soutane les cris de son pardon, je le sentis délivré de son crime .

Le jeu était en fin de course .

 

 

Petit à petit , à mi chemin, l 'inattendu mit en route un aspect gênant de sa personnalité. Je vis venir vers moi un jeune homme très malheureux qui me demanda si je voulais bien être son double;à ma grande surprise il ne pouvait m 'accompagner jus­qu ' à Alger car mon itinéraire lui faisait un peu peur , mais en de-hors d e cela la route de la gloire le fascinait .Donc nous fîmes une mue dans une entreprise radicalement opposée . Il était mon arabe et je devenais son Meursault immédiat . Kamel Daoud ré­gissait mon étude de Meursault , rusait avec les mots et induisait une connotation politique à un petit jeune de Belcourt qui

n 'avait pas su donner un nom à mon crime, impuissant que

j 'étais à voir le monde repentant des années soixante -dix et sui­vantes . L' imitation du roi de Belcourt romancée avec un écri­vain béat devant « la Montagne des lions » revient à un média­teur éminent donnant un titre improbable en nommant étrange­ment un petit gars de faubourg ému par le soleil mais inerte mis en demeure de ne prôner que la vérité, oubliant même d' imaginer sa mort en toute innocence avec naturel sous couvert de pureté , en plein mirage en pleine anémie en pleine inutilité .Meursault im­mortalisait l 'essence des misères d'un homme émouvant du fait de son rare oubli de soi .

 

-Entrons dans le vif du sujet .

Meursault est entré dans le livre de Kamel Daoud par la voie d' un moule utilsant les bénéfices de la mue, opposant apparence des faits et faits réalisés en toute injustice. C'était un crieur de misère jeté au propre et au figuré, nu et marginal, somatisé par le prix à payer dans un pays intensément riche , irradié de son amour pour le soleil , menant le romancier Albert Camus avec le parti pris du der­nier pas immortel de son parcours littéraire .

Artistique, mémoire et usurpation ne font jamais bon ménage mais mérite et répartition de la vision permettent une petit encoche au malaise d' un lecteur pénalisé par son origine oranaise noyé dans les brumes des critiques politiques de son pays moiré des ruines réparties généreusement sur l 'Algérie .

Dans les redites unilatérales organiquement bétonnées par les mé­dias mêlant islam et christianisme , Oran et Alger, exode et pa­trie , ni l 'Arabe ni le Pied- noir ne purent jamais dire un mot de leur romancier avec la sincérité de Meursault . Dans les deux cas, deux mondes réalisant leur misère et leur dénuement avant de se tuer mirent leurs morts en terre avec amour de l 'Algérie arabe ou pas. Perdant murailles bétail pierrailles avec croix et crois­sant en tenailles du chaud et du froid ni Meursault ni l 'Arabe ne surent jamais la fin de leur aventure car ni l 'un ni l'autre ne mirent jamais les pieds dans la même immunité d' un pays de règles muselées, de règne mutilé par des milliers de morts, régi en mode moulé sur la pauvreté enfantée par les jeux d' un pouvoir

vieux et malade en partie émancipé par le biais des militaires de la Révolution imitant en cela le vieil adage: ris mais ne fais pas rire .

 

C'est avec un élan de nausée que Meursault murmura depuis les murs de sa prison : Ah ! Que c'était dur de mettre les mots de la vérité avec les Arabes qui étaient assis en rond en attendant le re­tour de Marie .

Murs, ordures, éraflures, ardeurs, médiocrités, ondées jouées ou lues ou entendues à coups de paroles ou de révolver ne mettrons pas une mégatonne de plus ou de moins à la note finale du monde musulman rythmé par cinq airs de musique orientale .

 

-En parallèle avec la rareté unique de l 'étrange attitude de mon héros en accord avec sa nouvelle compréhension de la lumière in­térieure d' un homme en recherche de pureté ab­solue ,mémoire, muse, Oranie, mausolée, générosité ne purent arriver à montrer à Kamel Daoud que Meursault était immanqua­blement l 'Arabe en même temps que le pied- noir du temps de l 'Algérie Française .

Reste encore une immense beauté immaculée:le meilleur est dans le cœur du jeune de Belcourt , un môme entre dix et vingt ans n'aurait jamais connu que la belle matinée d 'un jour oranais du haut du Murdjadjo. Une autre béatitude a été mise de coté , la beauté des rues de Mondovi où je suis né.


13/11/2015
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Francis Bacon Le Magnifique Côté muet de la vie en deux labels : Vat 69 et Velasquez

 

 

 

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Un jour je rencontrai un homme. Il était très beau.

Nous avons pris nos pinceaux nos tubes et nos pigments et nous sommes partis bras-dessus bras-dessous. Je ne savais rien de lui il ne saura jamais rien de moi.

Nous ne parlions pas la même langue ; l’une venait du nord et l’autre du sud.

Lui était naturellement homosexuel et moi je pensais : si tu pouvais être un homosexuel-hétérosexuel tu serais le parfait maître de nos parentissimes pigments pareils à nos magistrales images de la vie.

Même Michel-Ange unissait sa voix aux nôtres : « Bacon dépeint le bénévolat de la vie et de la mort pendant le moment même où il peint un homme en pleine intimité avec sa chair vivante juste avant de passer dans l’ombre du tableau. Même Marie réaliserait aventureux de marier le rouge et le noir avec autant d’art et autant d’omerta que dans ceTriptych où la vie commence entre deux parois, brutale à peine engagée dans le monde des humains comme écrasée par un rocher de granit pour finir en plein emploi de temps dans le réglementaire mariage du sempiternel mirage des imitations de la variété des arpenteurs de l’immensité de la planète Art ».

Ce Triptych est manufacturé comme on dirait rué hors des parois vaginales d’un muet nudifié par une variété de femme sans imagination mais centralisée sur une méthode de modèle rare pour mettre bas. Même Michel-Ange murmurerait, mais de qui Dieu s’est-il moqué ?

Dans ce management entre charme et rugissement, entre image et tuerie de l’image, entre mutisme, magnétisme du tableau et aptitude à émulsionner le rudimentaire et l’immense complexité de la créativité, mon imagination de compagne de la monstrueuse et magnifique toile de 1951 riante du sang versé narquois mystique virginal nordique musclé veineux, vit cette veine animée par la vie quand elle atteint le sublime de l’image de la voracité de la vie.

En cheminant nous arrivâmes à la moitié du chemin, « nel mezzo del camin », répugnant à nous dire au-revoir malgré le magnifique moment partagé dans les méandres d’un corps naturellement harmonisé dans le monde des pigments et des pinceaux en soie astiqués comme une argenterie usée depuis belle lurette mais encore en état de faire semblant de briller.


11/08/2015
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Transit depuis Daech jusqu’au paradis d’Allah

 

 

 

Transit depuis Daech jusqu’au paradis d’Allah

 

Monter au ciel, méditer, rêver, vider les lieux et ruminer en devisant allégrement avec un musulman, un juif et un chrétien tout en priant à genoux un ange athée, le suppliant d’amener ces trois mortels musardant dans le même marché aux fleurs avec non intention de faire mal à autrui, en trois grands paliers de huit années de distance en un seul jour mythique de vingt-quatre heures chrono-magnus, usant d’un cadran unitaire menant les trois manants munis chacun d’une montre ardente marquant la même heure en même temps.

Mésange, corneille, moineau, les trois oiseaux mirent un temps fou à gagner le ciel, car ils musardaient et perdaient leurs forces à pinailler sur leur religion respective jusqu’à leur arrivée dans le Jardin des Myrtes.

Le grand Da Vinci méditait sur la distance qui séparait les notes la, do, mi de même pureté avec les mêmes sons d’un violon et d’un aoud quand les trois touristes arrivèrent au ciel près de lui. Aussitôt des grincements dominèrent les douces envolées de musique, leurs piailleries ruèrent dans les brancards et mirent les instruments en miettes. Des cris et des pleurs se firent entendre aux quatre coins de la voûte céleste gémissante. Dans la minute qui suivit, les arabes imitèrent le la, les juifs qui rarement imitent créèrent un do et les chrétiens marginalisèrent le mi en le minimisant d’un demi-ton.

Da Vinci engagea le dialogue avec le musulman le juif et le chrétien regardant les randonneurs d’une même couleur avec la même oreille nommant les petits maîtres musiciens de colocataires attristant.

Dans le même arrondissement Friedrich Nietzsche qui passait en ami géra la situation en disant aux trois sur un ton de mi mineur : « De signes sanglants vous jalonnaient la route que vous suivez et votre folie enseigna que par le sang se prouve la vérité ».

Entre dieux prophètes et roi des Juifs aucun mur de surdité même dans le monde du rêve, car ni les uns ni les autres ne donnent aux rageurs et aux virtuoses des enfers le grand pouvoir de croire aux laïus d’oiseaux éduqués dans les nids des mollahs en état d’ivresse.

Monter au paradis d’Allah en trois fausses notes, nourris de haine et d’oranges amères et « Comme des cadavres ils ont imaginé de vivre, de noir ils vêtirent leurs cadavres leurs discours flairant encore le vilain relent des sépulcres ». Les nomades de la musique arabe, du chant yiddish, des oratorios chrétiens mirent leur vacarme en sourdine et ruminèrent devant le mur des lamentations, sur le chemin de Damas, sous la tente de Muhammad comme des mauvais prieurs élevés par mégarde au plus haut des cieux mais personne ne fit mention de leur présence.

C’était la mort de la mort.


02/03/2015
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Clair obscur chez Antonello da Messina

 

 

 

 

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Puissance et froideur exacerbée jusqu ' à l ' incandescence de

l 'Annunciata chez Antonello da Messina

 

 

Assidûment attirée par cette œuvre de marbre sans union charnelle avec le ciel , je reviens voir la jeune fille qui surgit brutalement de l ' obscurité d'un rêve de peintre s’insinuant dans le lieu improbable du rêve, passé le dernier froissement d'aile de

l 'ange. Paradoxe d' une vierge dépouillée de la tradition, délogée

sans pouvoir la réinsérer dans son temps car son temps est notre temps ;Le temps éclipsé de l'art, de la chapelle, du monastère .

 

Je suis là ,ma curiosité ranimée rebondissante à scruter pour savoir si je ne serais pas passée à coté de la partie cachée du voile de cette Vierge . Le temps de deux battements de cils à sonder la partie qui appartient à la terre et celle qui appartient au ciel, parce que le ciel est absent avec cet équilibre parfait d'un édifice monumental alors que c'est une très petite toile .

 

Perdre la raison et croire en Dieu avec elle ?

Perdre la vanité du mot Réalité ?

That is the real meaning of perdre les pédales .

 

Antonello da Messina témoigne d' une vision sans être entraîné par l 'émotion du rêve de Marie .Un jeu de distance entre le peintre est son modèle. C'est un peintre du futur dans le monde chrétien car celle qui est « annoncée » dans la grandeur des bleus et la voracité du noir, cette Marie pourrait aussi être Meryem l ' arabe : مريم, la madone devant la Kaaba .Rien de ce portrait pourrait faire penser à une jeune juive entravée dans la tradition chez les Juifs du Moyen Orient .

La vierge de l 'Annonciation ne soumet pas à l'attendrissement.

Je suis face à une jeune fille consciente, qui a repris ses esprits après avoir été fortement saisie de stupéfaction. Regard presque dénué d' expression ,un embarras qui pourrait poursuivre le spectateur .Observation plus que sérénité dans le regard de cette jeune .paysanne au grand voile sans ornementation, style haute couture .

 

C'est une œuvre échappée comme son sujet , comme l 'ange.

Il y a un vent du Nord dans cette toile qui se serait payé un petit tour en Sicile comme si son créateur avait simplement agi par esprit de partage avec les peintres Flamands qu ' il regardait .

 

.

Visage où une indécision se murmure aux coins de la bouche .Au premier abord, je n 'en avais pas ressenti toute la force ,puis c'est là le lien où entre le doute: une bouche fermée, un son qui ne peut sortir. Soudain le choc d' un encrage dans les rites artistiques du vingtième siècle donnant à son œuvre une lumière bien plus magnétique que celle des résonances d' une grande explication d' un savant savantissime .Étonnante peinture de la Renaissance qu'un Picasso aurait pu signer .Le triangle du voile , les triangles , le monde en trois dimensions ; à l‘envers l ‘image affiche la forme ovoïde du visage. Le ton bleu sombre du voile , le ton miel du visage :la terre et la naissance avec la minuscule tache de rouge sang au centre du tableau.

 

Besoin de voir les traces de l ‘ange? Elle regarde le sol dans la toile murée dans un virginal silence .Œuvre narrative d' un mot et d' un geste dans la promesse d' un rituel mystique .Tout a été clairement et sobrement exposé sans or ni draperies.

 

Discrétion , autorité naturelle de la main droite, signe de chaman , main gauche appuyée sur le pupitre dans le même temps maintient la page ouverte et le voile qu ‘elle veut garder fermé : attitude familière d’ une jeune vierge qui se dérobe au regard de l‘étranger .La conversation est engagée qui échappe à la représentation conventionnelle de l ‘Annonciation puisque l ‘Ange Gabriel est le grand absent dans l ’espace du tableau .

 

La communion de la terre et du céleste donne à penser vérité et anti - vérité , mariage du feu et de l 'eau ,ce qui donne foi et loi en parité, source de malentendu , prière et art de passer de la matière au monde de l 'esprit . Du paradigme au magique du monde de la terre et du magique de l ‘art dans l ‘amitié des cieux .

L’Art du peintre fut d’ avoir eu la vision fantastique de l 'étincelle du premier rayon du soleil dans un rêve où l'on n' entre pas par effraction.

 

Musarder , colorer les imaginaires des musiciens des mots, peindre avec Charles d' Orléans , ou imiter son maître Antonio Colantonio sans devenir le clone mort- né de ses pigments ni

perpétuer sa manière d'exposer à tous les dangers un Saint Jérôme en ouvrant la cage aux lions fut la quintessence de l 'art de Antonello da Messina

 

Au delà du portrait il y a l' homme dans toute sa puissance encore captive de son temps autant qu ' en avance de cinq siècles d' une aventure où la foi, l 'œil du bon et du mauvais goût , la décohérence et son contraire, l 'harmonie prise en défaut, le tout et le rien ont inondé la terre.

La terre où le son et la lumière sont indestructibles ,où le génie de l 'artiste est un grand pari entre comparaître entre un tribunal du petit commerce et une petite multitude de trois ou quatre cents mercenaires de bénis -oui- ouis répartis dans les chapelles de faiseurs d' art, tous nés dans le même berceau .

 

Emprise des sens dans le vertueux doute dont Jésus fut le fils sans nom et sans père

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


11/03/2015
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Père Mourad : «J'étais prêt à donner ma vie pour la paix»

 

 

 

 

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2015/12/25/01016-20151225ARTFIG00080-pere-mouradj-etais-pret-a-donner-ma-vie-pour-la-paix.phphttp://

 

 

Le père Jacques Mourad a passé quatre mois et vingt jours aux mains de l'État islamique. À Raqqa, il a subi une longue détention, parfois violente, dont il est finalement ressorti vivant le 11 octobre 2015. Tiraillés entre l'exil et une allégeance au régime ou aux Kurdes, qui se posent opportunément en garants de leur sécurité, les chrétiens sont plus que jamais menacés de disparaître de Syrie, où leur présence remonte au temps du Christ.

Comment vous traitaient-ils?

Presque quotidiennement, ils nous disaient: «Soit tu te convertis, soit on te décapite.» Mais ils nous ont nourris et soignés, car le Coran prescrit de faire le bien aux pauvres, aux orphelins et aux prisonniers. Nous n'avons pas été maltraités, à deux exceptions près. Une fois, des hommes sont arrivés dans la cellule avec un tuyau d'arrosage au bout duquel étaient fixées des cordes. Ils m'ont fouetté pendant une demi-heure. Une autre fois, un homme cagoulé est entré avec un poignard. J'ai senti la lame contre ma gorge. Mais il m'a laissé la vie, c'était un simulacre.

 

Ont-ils invoqué un mobile à votre enlèvement?

Ils ne me l'ont jamais dit clairement. Mais je pense qu'ils m'ont enlevé pour deux raisons. D'abord, ils devaient être gênés par mon activité humanitaire auprès des gens de Qaryataïn. J'aidais toute personne, chrétienne ou pas. Or pour eux, nous sommes des humains de second rang, on doit être leurs esclaves. Je pense aussi qu'ils m'ont enlevé pour intimider la population. C'est leur méthode quand ils veulent dominer un endroit. Ils voulaient que les chrétiens partent. Et le 4 août, ils sont entrés dans la ville.


27/12/2015
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Noël à Estravayer-Le -Lac- Camille Saint-Saëns "Tollite Hostias"

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25/12/2015
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Boualem Sansal : écrire en toute sécurité en Algérie 2015

 

 

 

 

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20150911.OBS5690/boualem-sansal-le-kamikaze.htmlhttp://

 

Boualem Sansal chez lui, à Boumerdès, en Kabylie. (©Ferhat Bouda - Agence VU)


24/12/2015
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Jamais lassée d'écouter Alain Finkielkraut

 

 

 

 

http://www.franceculture.fr/2015-11-27-le-meilleur-de-repliques-en-30-ans-par-alain-finkielkrauthttp://


23/12/2015
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Rothko : « Une longue route vers le calvaire. »

 

 

 

 

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Mémoire du temps où même les mages n’avaient aucune idée de ce qui se passait derrière les ors pales, les rougeoiements, les quiétudes affichées ,l es sédiments de feu , la limpidité , les rebondissements d’ un univers jamais sûr de son origine , aucune idée de la désinvolture d’ une sagesse alignée , témoin d’ un bouleversement où comme le Temps ne partant jamais de rien ou de nulle part , chacun de nous transite de rebondissement en rebondissement , avec à chaque étape , une nouvelle question en devenir.

 

Un temps où « Yellow Over Purple (1956) » magnifiait descentes d e croix et mises au tombeau qui inspiraient unanimement la même émotion dans des lieux visités par ceux partis dans les mystères d’ une foi sans règne et sans rituel .

 

Tout commence quand trois sorciers aux idées baladeuses se prenant pour des géographes de notre siècle se laissèrent porter sur les flots de la Dvina  . Là ,il s’ acheminèrent à grandes enjambées vers les frontières floues d’ un artiste entré dés son plus jeune âge dans une magnifique imprudence où les dieux et les déesses imitaient les hommes sans en vivre leurs amours .

 

Dés qu ‘ ils comprirent l ‘âpreté du climat maléfique, oublieux de leur mission dans un même élan, détalèrent en gémissant contre Poséidon qui les avait mis en état de confusion mentale .

 

Pour Marcus Rothkowitz parti deVinsk avec sa langue russe , chantant en yiddish, ses petits rouleaux sous le bras c’était consentir aux larmes qui diront que la race de vos vieux n’ a pas failli , que vous êtes de la race de rois porteurs de sceptre nourris par Zeus car jamais lâches n ‘ ont nourri de tels hommes .

 

Paraître en maître d’ un art fut le pari sanglant d’ un homme ordinaire qu ‘ un chemin impérieux transforma en maître de l’art d’une muse de tragédie grecque . Agamemnon mit toute sa puissance dans un jeu de chef rusé mais son destin joua le rôle d’ un impatient artiste à devenir vieux et sage .

Un lumineux Rothko c’est un moment d’ éblouissement mais c’est aussi un éclatement de poussières de son sacrifice pris dans le temps d’ un artiste déterminé à faire son testament .

 

Avoir un tableau de Rothko devant soi c’est être pris dans le relais d’ une page d’ un mysterieux reliquaire mis dans les mains d’ un enfant relisant son conte de fées avec toujours le même étonnement .

Regarder une montagne de miroirs de minute en minute c’est donner à chaque tableau de Rothko la chance à un petit garçon de revenir à Dvinsk et entrer dans l ‘ intime d’ un homme qui n ‘avait jamais quitté sa ville de Lettonie.

 

Ses tableaux ont absorbé sa mort ; elle a repoussé son destin .

Mais où a commencé sa vie?

Où a fini sa vie ?


16/12/2015
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60 ans de « Masque », 30 ans de « Répliques » : bon anniversaire ! Pierre Assouline

 

 

 

 

Merci  Pierre  ASSOULINE

 

 

 

http://larepubliquedeslivres.com/60-ans-de-masque-30-ans-de-repliques/http://

 

 

"Pour le reste, que ses invités soient des abonnés (Paul Thibaud, Pierre Pachet, Marcel Gauchet etc) ou inattendus sinon inconnus, c’est un festival d’intelligences en action, un crépitement de réflexions et de citations qui ouvrent des pistes et des perspectives, stimulent d’autres réflexions, reflètent parfois les recherches en cours en philosophie, histoire, sciences humaines. De la conversation faite controverse entre des gens de bonne compagnie qui ne craignent pas si nécessaire que la polémique se fasse pugilat. Malgré et peut-être grâce aux thèmes (l’école, le communautarisme, la Shoah) et références (Arendt, Péguy, Lévinas) récurrents d’Alain Finkielkraut, son inquiétude et son intranquillité trop hâtivement catalogués comme une propension au tragique, toutes choses que d’aucuns jugeront obsessionnelles mais qui constituent la cohérence d’une pensée sur la durée.

Dans ce pays où l’on est sans cesse sommé de répondre aux injonctions binaires (êtes-vous Voltaire ou Rousseau ? Beatles ou Rolling Stones ? etc), osons être Masque et Répliques. Un concert de voix que ces deux rendez-vous hebdomadaires qui restent, à leur meilleur, des phares dans la circulation des idées et des arts. J’oubliai : la première, c’est sur France-Inter, la seconde, sur France-Culture. Alors, au cas où vous auriez encore un doute, vive la radio du service public !"

(Photos Henri Cartier-Bresson)


16/12/2015
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L'amour des mots - Une correspondance russe 5/10 de Marina Tsvétaïeva, Boris Pasternak 05.12.2014 - 20:30

 

 

 

 

 

L'amour des mots - Une correspondance russe 5/10 de Marina Tsvétaïeva, Boris Pasternak

 

 

05.12.2014 - 20:30

 

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-l-amour-des-mots-une-correspondance-russe-510-2014-12-05http://


14/12/2015
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Le poids del ' image .......lLe photographe victime de sa photo

 

 

 

 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/26/une-si-pesante-image_3454254_3246.html#Jg54EKffLKWAVqcu.99http://

 

SOUDAIN, UN VAUTOUR VIENT SE POSER DERRIÈRE LUI

Soudain, un vautour vient se poser derrière lui. Carter a devant lui un symbole fort de la misère qui sévit dans la région et il déclenche son appareil. Il attend alors une vingtaine de minutes espérant que le charognard déploie ses ailes et accentue encore plus la force de cette image. En vain. Il va ensuite chasser le vautour avant de parcourir un ou deux kilomètres et s'effondrer en larmes.



En mars 1993, le village d’Ayod (Soudan) est dévasté par la famine.

SOUDAIN, UN VAUTOUR VIENT SE POSER DERRIÈRE LUI

Soudain, un vautour vient se poser derrière lui. Carter a devant lui un symbole fort de la misère qui sévit dans la région et il déclenche son appareil. Il attend alors une vingtaine de minutes espérant que le charognard déploie ses ailes et accentue encore plus la force de cette image. En vain. Il va ensuite chasser le vautour avant de parcourir un ou deux kilomètres et s'effondrer en larmes...............de son prix, le Sud-Africain s'est donné la mort en s'empoisonnant dans sa voiture. Sur la note qu'il a laissée, il évoque "les souvenirs persistants de massacres et de cadavres" qui le hantaient. Rien sur l'enfant soudanais et le célèbre rapace. C'est pourtant cette image et le paradoxe du photoreporteur qu'elle incarne aujourd'hui encore que Kevin Carter symbolise : observer immobile l'horreur pour mieux la combattre.



13/12/2015
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In ‘Mark Rothko: From the Inside Out,’ a Son Writes About His Father

http://www.nytimes.com/2015/12/12/arts/design/in-mark-rothko-from-the-inside-out-a-son-writes-about-his-father.html?src=mehttp://

 

 

http://www.nga.gov/content/ngaweb/features/slideshows/mark-rothko.html

 

 

In ‘Mark Rothko: From the Inside Out,’ a Son Writes About His Father

 

http://www.nga.gov/content/ngaweb/features/slideshows/mar

 

 

 

 

 

k-rothko.htmlhttp://


13/12/2015
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Envolez -vous sur des ailes de soir avec Alfred Deller - Three Ravens & Wraggle Taggle Gypsies : Chansons populaires élisabéthaines


13/12/2015
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